Inquiétudes (jour 8)

Angers, voies du tramway à St Serge.

Nous n’avons jamais eu une crise de cette ampleur. Un mois de confinement c’est à peu près 2% de PIB en moins. Deux mois de confinement : 4%. Le conseil scientifique du président a déclaré ce soir que le confinement devra durer six semaines à compter de son lancement, soit jusqu’à la fin avril. Je pense que c’est un minimum. Je ne serais pas étonné que ça dure jusqu’à la mi-mai (soit donc deux mois). Bref, on va se retrouver avec une récession telle qu’on n’en a pas vu depuis la deuxième guerre mondiale.

Comment les gens vont supporter le confinement pendant deux mois ? Deux mois dans un trente mètres carrés avec les mômes, sans pouvoir sortir, vous voyez ça ? Il va y avoir des meurtres ou des suicides ou tout simplement les gens vont finir par craquer.

Pour la première fois j’ai été un peu stressé aujourd’hui. L’ambiance n’aide pas : mon immeuble est si parfaitement tranquille qu’on le dirait inhabité. On ne voit personne dans la rue. En plus je suis inquiet pour certains membres de ma famille ou pour mes amis américains.

L’Etat de New York est à peu près dans le même cas que nous en ce qui concerne le nombre de contaminés et la croissance de ce nombre et du nombre de décès. Heureusement le gouverneur de cet Etat est dans une démarche volontariste.

Car c’est un peu surprenant mais la situation aux Etats-Unis est bien pire que la nôtre. Leur système de santé publique est beaucoup plus fragile que le nôtre et surtout extrêmement coûteux pour les malades qui n’ont pas de couverture santé. Une personne sans assurance peut se retrouver facilement avec une dette telle qu’il fasse une faillite personnelle et se retrouve à la rue ! En plus les gens n’ont presque aucun filet de sécurité en cas de crises comme celles que nous connaissons aujourd’hui. Aujourd’hui en France nous pouvons être en chômage technique et être indemnisé et nous sommes tous couverts par la sécurité sociale en cas de besoin. Aux Etats-Unis c’est plus compliqué.Par ailleurs Trump fait n’importe quoi et déclare n’importe quoi tant il a peur que la crise économique qui résultera lui coûte sa réélection. Il voudrait renvoyer les gens au travail le plus vite possible et il relativise constamment les conséquences sanitaires de l’épidémie. Il va se retrouver en contradiction avec ses responsables des agences de santé publique et avec les gouverneurs des Etats les plus touchés.

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