Morosité

Les jours passent et se ressemblent au point qu’on n’arrive plus à les distinguer. Souvent je me demande quel jour on est : il faut que je le sache et que je suive un peu parce que je télé-travaille encore deux jours par semaine (avec les jours fériés, ceux de chômage partiel et les congés pris de façon obligatoire). Difficile d’être productif en travaillant deux jours par semaine (et deux jours qui ne se suivent pas en plus). Il y a de fortes chances que le télétravail continue après le 11 mai, c’est ce qu’à dit hier soir le Premier Ministre. Surtout que je demeure très loin de Paris et que les TGV ne seront pas tous remis en service du jour au lendemain, sans compter les risques pris à prendre le train plus le métro.

J’ai fait la commande d’une tondeuse. Je n’en peux plus de mes cheveux longs, je ne pourrais pas attendre la mi-mai (ou même plus) pour les faire couper.

Je suis sorti pour aller faire des courses au Carrefour City pas loin de chez moi. Pour aller faire mes courses je prends un raccourcis qui me fait traverser une partie du CHU. Pour ajouter au décor post-apocalyptique de la ville, vidée, semble-t-il, de ses habitants, le CHU a monté de grandes tentes blanches destinées au dépistage du COVID-19. Autour de ces tentes gravitent des gens en tenues NRBC (ou presque). Avec la pluie là-dessus et la brume au-dessus des prés bas de la Maine il est facile d’avoir le bourdon.

En ce moment il est difficile de penser sereinement à l’avenir. On pourrait se contenter de vivre pleinement l’instant comme un moine zen, mais la somme de toutes les peurs est quasiment insoutenable.