Dé-confinement

D’après ce que j’ai compris il y a deux sortes de tests : les tests sérologiques qui demandent juste une goutte de sang et qui repèrent les anticorps anti-coronavirus, donc qui servent à savoir si oui ou non on est immunisé; et les tests viraux, qui se font au moyen d’un écouvillon dans l’arrière du nez et qui détectent le virus lui-même, ils sont donc destinés à savoir si on a le COVID-19 ou non, et ne sont utilisés que si l’on présente des symptômes.

Il sera peut-être utile, avant le dé-confinement, de tester beaucoup de gens avec le test sérologique. Si l’on a beaucoup d’immunisés on peut relâcher tout le monde sans trop de risques ET en testant largement — avec le deuxième type de test — les gens qui se plaignent de symptômes, même légers. Je crois que les tests sérologiques donnent leurs résultats immédiatement, alors que les tests viraux mettent bien 24 heures avant de donner un résultat.

Bien entendu il faudrait garder les gestes barrières et surtout faire en sorte que les gens portent obligatoirement un masque dans les lieux publics qui auront le droit de fonctionner (gares, trains, métro, bus, magasins, supermarchés, etc.).

Quant aux gens positifs au test viral, il faut les mettre en quarantaine, et conditionner leur sortie de quarantaine à un test sérologique positif. La quarantaine pourrait-être accompagnée d’un dispositif électronique de traçage pour plus d’efficacité.

On pourrait aussi avoir une application sur smartphone qui nous indiquerait, anonymement bien sûr, s’il y a des gens infectés dans notre voisinage immédiat.

Voilà, est-ce que j’ai loupé quelque chose ?

L’épidémie aux USA

Le nombre de décès du COVID-19 semble être en plateau dans l’État de New York, plateau qui devrait laisser place à la descente probablement cette semaine. Vingt-cinq jours après le début du confinement ce n’est pas mal du tout.

Les décès sont d’ailleurs en baisse aux États-Unis en général. La conurbation New York City, New Jersey, Pennsylvanie étant la plus affectée par le virus.

Kevin Drum envisage même, in fine, un nombre de victimes bien inférieur à ce qui avait été annoncé.

The daily growth rate has been consistently lower than projected for the past couple of weeks, and now suggests about 25,000 total deaths at peak. That means somewhere in the ballpark of 50-60,000 deaths through summer.

Traduction (par Google) : Le taux de croissance quotidien a été constamment plus faible que prévu au cours des deux dernières semaines et suggère maintenant environ 25 000 décès au total au plus fort. Cela signifie quelque part que nous serons dans le niveau approximatif de 50 à 60 000 décès pendant l’été.

Graphiques : © Washington Post et Mother Jones.

Qu’est-ce qu’un virus ?

Un virus est une minuscule entité biologique qui n’est même pas capable de se reproduire sans l’aide d’une cellule vivante. Si on considère que pour être qualifiée d’être vivant une entité matérielle doit posséder des fonctions de relation, nutrition et reproduction, le virus n’ayant aucune de ces fonctions n’est même pas un être vivant. C’est un agent infectieux qui a besoin d’un hôte, souvent une cellule, dont il utilise le métabolisme et les constituants, pour se répliquer (pas se reproduire, se répliquer à l’identique). Les virus sont si minuscules qu’il faut un microscope électronique pour les voir.

En dehors d’une cellule les virus sont des entités extrêmement simples essentiellement constitués d’une ou plusieurs molécules d’acide nucléique (ADN, ARN). Lorsqu’il ont réussi à envahir une cellule les virus parasitent tout le métabolisme de celle-ci et lui donnent l’ordre de fabriquer des semblables à eux, qui sont relâchés en grand nombre et envahissent d’autres cellules pour se répliquer à leur tour.

Les chercheurs ont identifié environ 5000 espèce virus, à date seuls 129 de ces virus entraînent une pathologie pour l’homme.

Les maladies infectieuses sont causées par la transmission d’une bactérie, d’un virus, d’un champignon ou d’un parasite. Les virus sont responsables du rhume, de la grippe, de la varicelle, de la rougeole, de la mononucléose infectieuse et aussi de la polio, de l’Ebola, du SIDA, de la fièvre jaune, de l’Hépatite C, de la variole, etc. Mais pas de la Malaria (c’est un parasite qui en est l’agent infectieux) ou de la Tuberculose (bactérie).

Inquiétudes (jour 8)

Angers, voies du tramway à St Serge.

Nous n’avons jamais eu une crise de cette ampleur. Un mois de confinement c’est à peu près 2% de PIB en moins. Deux mois de confinement : 4%. Le conseil scientifique du président a déclaré ce soir que le confinement devra durer six semaines à compter de son lancement, soit jusqu’à la fin avril. Je pense que c’est un minimum. Je ne serais pas étonné que ça dure jusqu’à la mi-mai (soit donc deux mois). Bref, on va se retrouver avec une récession telle qu’on n’en a pas vu depuis la deuxième guerre mondiale.

Comment les gens vont supporter le confinement pendant deux mois ? Deux mois dans un trente mètres carrés avec les mômes, sans pouvoir sortir, vous voyez ça ? Il va y avoir des meurtres ou des suicides ou tout simplement les gens vont finir par craquer.

Pour la première fois j’ai été un peu stressé aujourd’hui. L’ambiance n’aide pas : mon immeuble est si parfaitement tranquille qu’on le dirait inhabité. On ne voit personne dans la rue. En plus je suis inquiet pour certains membres de ma famille ou pour mes amis américains.

L’Etat de New York est à peu près dans le même cas que nous en ce qui concerne le nombre de contaminés et la croissance de ce nombre et du nombre de décès. Heureusement le gouverneur de cet Etat est dans une démarche volontariste.

Car c’est un peu surprenant mais la situation aux Etats-Unis est bien pire que la nôtre. Leur système de santé publique est beaucoup plus fragile que le nôtre et surtout extrêmement coûteux pour les malades qui n’ont pas de couverture santé. Une personne sans assurance peut se retrouver facilement avec une dette telle qu’il fasse une faillite personnelle et se retrouve à la rue ! En plus les gens n’ont presque aucun filet de sécurité en cas de crises comme celles que nous connaissons aujourd’hui. Aujourd’hui en France nous pouvons être en chômage technique et être indemnisé et nous sommes tous couverts par la sécurité sociale en cas de besoin. Aux Etats-Unis c’est plus compliqué.Par ailleurs Trump fait n’importe quoi et déclare n’importe quoi tant il a peur que la crise économique qui résultera lui coûte sa réélection. Il voudrait renvoyer les gens au travail le plus vite possible et il relativise constamment les conséquences sanitaires de l’épidémie. Il va se retrouver en contradiction avec ses responsables des agences de santé publique et avec les gouverneurs des Etats les plus touchés.

Journal de confinement (jour 2)

Ma rue en période de confinement

J’ai connu un gars qui était gardien de phare : François Jouas-Poutrel. Il était gardien aux Roches-Douvres, un phare loin de tout entre Bréhat et Guernesey. Il m’a raconté qu’au phare il fallait tout faire avec lenteur et application : le nettoyage (constant), la cuisine, la pêche, l’observation de l’océan, les travaux de peinture, les relevés météo, les vacations radio avec le continent, la surveillance et le maintien en bon état de marche du phare et de la lentille. Le mieux était d’éviter les conversations pouvant être polémique avec le partenaire au phare (ils étaient toujours deux). Il passait, paraît-il, des heures à contempler la mer, à noter le passage des bateaux au loin, à observer les menus changements d’aspect de la surface de l’océan. En plus François est peintre et dessinateur et il passait beaucoup de temps à peindre. Et ce, pendant quinze jours de rang (au moins, en cas de mauvais temps il arrivait qu’ils ne puissent pas être relayés à l’issue de leur garde).

En ce moment nous ferions bien d’appliquer les pratiques des gardiens de phare.

Finalement, je n’ai pas eu à sortir pour acheter du pain, j’ai un boulanger qui passe en camionnette en vendre chaque jour, devant chez moi !

Ce matin il y avait beaucoup de circulation sur la quatre-voies, sur la rive gauche de la Maine. Mais mon quartier est bien calme.

Ne nous faisons pas d’illusion, à mon avis le confinement est là pour durer bien plus qu’une quinzaine de jours. Ce que la plupart d’entre nous n’ont probablement pas encore réalisé est que l’épidémie ne va pas se calmer en quinze jours, il va falloir au moins un mois pour constater les premiers résultats et probablement deux autres mois pour fléchir franchement. Il est largement admis que chaque pays doit « aplatir la courbe »: c’est à dire imposer que nous ayons le moins de contacts possibles pour ralentir la propagation du virus afin que le nombre de personnes malades à la fois ne cause pas la saturation du système de santé et que nous ayons moins de mortalité par défaut de soins. Mais aussi il est admis que la pandémie doit durer, à un faible niveau, jusqu’à ce que suffisamment de personnes aient eu le temps de contacter le virus et d’en être guéri ou qu’il y ait un vaccin. C’est ainsi qu’on construira une immunité de masse qui nous protégera du virus. Le confinement permettra d’aplatir la courbe et d’éviter des morts, mais il ralentira la constitution de l’immunité de masse. Donc le confinement va durer, à mon avis jusqu’à l’été, autant s’y préparer.

Journal de confinement (jour 1)

La Maine à Angers (2020)

Soudain, à un peu plus de midi, plus aucun bruit de ville. Le calme complet. Un calme étrange et un peu flippant. Un silence comme à la campagne. Plus de bruit venant de la quatre-voies sur la rive de la Maine en face, plus de bruits venant des habitants de la rue, plus de passages de vélos ni de piétons, plus de bruit du tram dans le lointain. Et puis un peu plus tard quelques cris de mouettes, le grincement familier des pies qui nichent dans les platanes au bord de la Maine. C’est tout.

Je ne suis pas sorti de chez moi, mettant mon compteur de contact à 0 pour aujourd’hui. Quelques bavardages avec mes collègues sur Skype (tout le monde est en télétravail à domicile) et un peu de travail quand même.

En fin de journée grand beau temps. Un peu envie de sortir pour aller au bord de la rivière prendre un peu l’air.

Demain il faudra que je sorte pour aller à la boulangerie acheter du pain. A cet effet j’ai rempli ma première attestation de déplacement sur mon iPad avec l’application Document. Si je me fais contrôler je sortirai mon iPad pour montrer mon attestation.

Aucun signes grippaux.